La construction de l'église ...
 
Avec la fondation du couvent en 1268 débute aussi l'édification de l'église. Mais uniquement le mur sud de la nef et une partie des bâtiments conventuels (se situant à cette époque au sud) furent construits avant qu'une pénurie financière ne paralyse le chantier. Les restes des murs conservés laissent supposer qu'à l'origine une vaste église était prévue : un sanctuaire flanqué de deux chapelles rectangulaires et précédé d'une large nef sans doute subdivisée en trois vaisseaux par des arcades de pierre.
Lorsqu'on reprit les travaux au cours de la première moitié du XIVè siècle, on se contenta d'un plan
simplifié, faisant disparaître les chapelles latérales et remplaçant les arcades de pierre par de simples poteaux en bois. La consécration de l'église eut lieu le 10 avril 1346. Peu après, la toiture devint la proie des flammes.
Comme le montrent des analyses dendrochronologiques des bois de la charpente, elle fut reconstruite vers 1360/61.
Une rénovation de l'église eut lieu au milieu du XVè siècle, ce dont témoignent deux poteaux de bois qui remplacèrent les précédents vers 1451/52.

Durant les siècles suivants, le visage de l'église se modifia maintes fois. Au XVIè siècle on renouvela les peintures murales.

Sous l'influence du concile de Trente (1545-1563) et des efforts de réforme de L'Ordre lui-même (stricte observance) le chapitre général édicta en 1601, de nouvelles constitutions pour les communautés de la branche féminine, les exhortant -entre autre- au respect de la clôture. Pour satisfaire à ces exigences, on érigea une tribune dans les deux tiers arrière de la nef. Ainsi voulait-on protéger les moniales de tout regard indiscret, qui aurait pu entraver l'intensité de leur prière

 
Entre 1726 et 1732, les nouveaux bâtiments conventuels placés au nord de l'église prirent forme ; comprenant le chœur des moniales débouchant à angle droit sur le sanctuaire de l'église, ce qui rendit superflue la tribune dans la nef.
Lors des Transformations de 1873, la nef perdit deux tiers de son volume au profit d'une nouvelle hôtellerie.

Malgré les transformations les murs gothiques restèrent quasiment intacts, ce qui permit de redonner à la nef, lors des rénovations de 1990-96, son volume original. www.mikulas.ch/fd001.htm Pour reconstruire la façade d'entrée, on pu se servir en partie de pierres, qui avaient été réutilisées dans le bâtiment de1873. Seule la toiture et le plafond ont dû être refaits de toutes pièces. Depuis 1993, l'église est protégée par un toit en batière orné d'un clocheton recouvert de tavillons respectant entièrement l'humilité prescrite par les coutumes cisterciennes.
 
La restauration a fait resurgir la beauté et les formes de l'église, évitant toute somptuosité qui renierait les racines cisterciennes; évoquons l'avis émis par Bernard de Clairvaux à propos des églises abbatiales de son temps :
…J'omets l'immense hauteur des oratoires, leur longueur démesurée, leur largeur excessive, leur coûteuse décoration et leurs oiseuse peintures. Tout cela détourne l'attention de ceux qui prient et diminue leur recueillement.
(Bernard de Clairvaux, Apologie adressée à Guillaume, abbé de St. Thierry XII, 28)
 
Identification
Hemmer.ch
 www.fille-dieu.ch
Péricles - Gestion de projetsGalilée - Gestionnaire de sites webCopernic - Gestionnaire de documentsHermès - Messagerie
info@fille-dieu.ch