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Ce fut un long chemin épineux.
D'abord il a fallu introduire différentes réformes pour répondre aux exigences de la Stricte Observance : au niveau des offices, des récréations et de la clôture.
Mère Lutgarde instaura les sœurs tourières.
Elles avaient la responsabilité de l'acceuil et des autres affaires hors clôture.
Mère Lutgarde proposa dans un second temps de renoncer à la consommation de viande (abstinence perpétuelle) ; "toutes s'abstiendront absolument de manger de la viande de quadrupède, sauf les malades très affaiblies (RB 39,11)" et de restaurer des dortoirs communs.
Tandis que les sœurs acceptèrent toutes les réformes, les supérieurs ecclésiastiques de Mère Lutgarde ne voyaient pas d'un bon œil ce rapprochement avec la Stricte Observance.
Cette opposition, devenue l'obstacle principal, ne sera surmontée qu'après de pénibles tractations.
Entre temps, l'Ordre Cistercien subissait quelques modifications. Trois congrégations s'unirent pour former en 1892 un ordre autonome, l'Ordre des Cisterciens réformés de Notre-Dame de la Trappe (approuvé en 1893), qui prendra le nom d'Ordre Cistercien de la Stricte Observance (OCSO).
Mère Lutgarde, assistée par l'Ordre et soutenue par son entourage et plus particulièrement par sa marraine Marguerite Bays (décédée en 1879, béatifiée en 1995), arriva à ses fins en 1906.
Au cours d'un chapitre général du nouvel Ordre, à Sept-Fons, la Fille-Dieu fut admise à l'unanimité dans son obédience.
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La Fille-Dieu obtint le droit d'être rattachée à l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance et reçut l'abbé d'Oelenberg (Alsace) en tant que Père Immédiat.
Pour rendre à chaque abbesse plus de pouvoir effectif par rapport à la vie et à la responsabilité de sa communauté et pour mieux tenir compte du large éventail culturel dans lequel les différents monastères éparpillés dans le monde entier se situent, le Chapitre Cistercien de la Stricte Observance de 1969 admit le principe du pluralisme. En outre on abandonna la différentiation entre sœurs converses et sœurs choristes
A la Fille-Dieu, le plain-chant grégorien en latin fit place au chant français en polyphonie suggérant le style byzantin. Seuls quelques-uns des plus beaux chants latins du patrimoine ont gardé leur place.
L'Association des Amis de la Fille-Dieu, fondée sous l'abbatiat de Mère Hortense Berthet, soutient depuis 1987 les efforts de l'abbaye pour restaurer et réaménager l'église et le monastère. Grâce au dynamisme de Mère Hortense, l'église entra en phase de transformation et restauration en 1990. On se mit à l'épurer des transformations effectuées en 1873, ainsi qu'entre 1906 et 1914. Au fil des travaux, il fut possible d'adapter la restauration aux nouvelles découvertes archéologiques, par exemple en adaptant la forme de la nouvelle voûte de la nef aux traces de la voûte primitive.
L'église prête, sa dédicace fut célébrée le 31 août 1996, six cent cinquante ans après sa première consécration.
Le 15 juillet 1999, la Communauté a élu une nouvelle abbesse en la personne de Soeur Marie-Claire Pauchard.
Mère Marie-Claire fut installée, comme 41ème Abbesse, le jour même et reçut la Bénédiction Abbatiale le 25 septembre 1999 des mains de Monseigneur Bernard Genoud, Evêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. |